MESXXI : la mise en station à l'aide d'une webcam

Tolérances de mise en station pour l'imagerie du ciel profond


On suppose ici que l'instrument imageur est parfaitement guidé (ou autoguidé) par une lunette guide, laquelle est généralement dépointée de quelques degrés vers une étoile suffisamment brillante. Les vitesses de glissements de l'imageur par rapport au ciel multipliées par le temps de pose fournissent directement la longueur du filé des étoiles sur l'image résultante. Inversement si l'on se donne la longueur tolérable du filé, le temps de pose, le dépointage A de la lunette guide et enfin la déclinaison de l'étoile guide, on peut fixer la tolérance sur le défaut de mise en station epsilon : pour cela il suffit de considérer la configuration la plus défavorable où la rotation de champ est maximale ; comme on l'a vu ce cas survient lorsque l'imageur pointe dans le plan méridien du pôle instrumental. En posant comme contrainte que le filé soit au plus de un pixel on obtient l'inégalité de la planche ci-dessus.

Pour différentes déclinaisons appliquons la formule à une configuration d'autoguidage typique : pixel de 1,34 " sur le ciel (pixel de 6,5 µm des APN 20D ou 350D associé à une focale d'imageur de 1 mètre), lunette guide dépointée de , temps de pose de 5 minutes. On obtient les résultats du tableau ci-après, epsilon désignant ici la tolérance de mise en station en minutes d'arc :

Déclinaison (°)0304560758085
epsilon (')11,710,2 8,3 5,9 3,0 2,0 1,0

Ces chiffres montrent à quel point la mise en station doit être soignée, même si l'imageur est autoguidé, à mesure que l'on observe des régions plus proches du pôle : à 5 degrés du pôle et avec la focale somme toute assez modeste de 1 m la tolérance sur le défaut de mise en station est seulement d'une minute d'arc !

Il est facile d'adapter ces résultats à sa configuration personnelle au moyen de simples règles de trois : si par exemple le temps de pose n'est plus de 5 minutes mais de 10 ou le dépointage de 10° au lieu de 5, il suffit de diviser par 2 les résultats du tableau. Par ailleurs la formule générale donnant l'extension angulaire du pixel sur le ciel en secondes d'arc s'écrit :

p(") = 206,265 x p(µm) / focale(mm)

Enfin si l'on estime que la contrainte adoptée ici (filé de 1 pixel) est trop sévère, il suffit de multiplier la formule présentée ou les résultats du tableau par la taille du filé toléré en pixels.


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